À propos de cette édition

Éditeur
L'instant même
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
L'Air libre
Pagination
53-61
Lieu
Québec
Année de parution
1988
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Hoppe, devant l’immeuble où habite Bleau, une valise à la main. Il s’y rend mais la concierge lui parle, lui dit que M. Bleau, le célèbre écrivain, n’est pas là, qu’il rentre par le train de seize heures dix… Hoppe se sauve. Le romancier ! Plutôt son roman à lui, pense-t-il en se rappelant comment l’autre, pendant un an, l’a espionné, l’a… Avec ses antécédents asilaires, Hoppe est mort, plus que mort. Comment poursuivre Bleau pour la mort du personnage principal du roman, dans lequel Hoppe a mis dix ans de sa vie ?

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Commentaires

L’encerclement, la spirale, la bande de Moebius… La manière récurrente de Beaumier s’enroule à nouveau pour le plus grand plaisir du lecteur, sinon pour sa détente. Toujours aussi minimaliste, l’atmosphère se tisse rapidement : on est en présence d’une drôle d’embrouille, le noir et blanc mode forties est de rigueur.

Un écrivain qui se fait voler son œuvre inachevée, une œuvre où il s’est incarné dans le personnage principal, un personnage que le voleur tue en terminant l’œuvre, un homme qui se considère comme mort et qui erre dans la ville… Quand Bleau entre dans son appartement, Hoppe se balance au bout de sa corde, un mot épinglé sur lui – Je suis Bleau – et, à ses pieds, gît une valise noire, vide.

Ce n’est pas sans raison, je pense, que Beaumier donne le nom de Brulotte à la concierge. Il y a plus d’un rapprochement entre cette nou­velle et le texte de Gaétan Brulotte, « L’Emprise ». L’inextricable osmose qui se fait entre le monde réel et le monde fictif, l’atmosphère oppressante, l’écriture précise, minutieuse…

Et puis, à un certain moment, on lit : « … las… de tracer pour d’autres une ligne de démarcation entre la fiction et le réel. » et peut-être cette phrase résume-t-elle à elle seule et la nouvelle intitulée « Variation sur une méprise » et l’impression que j’ai eue en lisant l’ensemble du recueil.

Jean-Paul Beaumier, encore plus que Bertrand Bergeron ou André Berthiaume, demeure l’exemple parfait de l’écrivain dont l’imaginaire se situe aux frontières des délimitations habituelles des genres littéraires. À nous, qui voulons parler essentiellement de fantastique et de science-fiction, la fastidieuse tâche de trancher… et de retrancher ! [JPw]

  • Source : L'ASFFQ 1988, Le Passeur, p. 23-24.