À propos de cette édition

Éditeur
Solaris
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Solaris 30
Pagination
6-11
Lieu
Longueuil
Année de parution
1979
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Un homme accueille régulièrement dans sa chambre deux jeunes, Eddi et Kittie, qui viennent écouter toujours le même enregistrement de musique sur son phono. Vivant seul et sans véritable contact avec les autres habitants de la ville, le narrateur trouve dans ces visites un certain réconfort qui l’aide à supporter son existence sur sa planète à l’agonie. Usant d’un subterfuge, le couple avec lequel il entretient un semblant d’amitié lui vole un jour sa machine à musique.

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Commentaires

Le titre de la nouvelle de Jean Dion est une façon de dire que la vie du personnage principal ne serait pas différente sur Mars, planète inhabitée. Le narrateur est confiné dans une petite chambre, solitaire et coupé de ses semblables, comme le seront les premiers colons de la planète rouge.
L’auteur brosse un portrait déprimant de la vie sur Terre. La nature se meurt, l’atmosphère polluée condamne les humains à porter des masques quand ils sortent à l’extérieur de leur immeuble et il ne semble y avoir aucune forme d’entraide et de relations humaines dans cette société en décomposition, physique et morale.
Quelques images fortes contribuent à nourrir cette ambiance de spleen existentiel et de fin de monde. Ainsi ces humains qui osent encore sortir à l’extérieur avec des masques à gaz et que le narrateur appelle des « pélicans ». Ainsi cette métaphore de la cage d’ascenseur qui se superpose à l’image de la chambre minuscule et illustre éloquemment le sentiment de solitude, d’isolement et d’incommunicabilité. Le vol du lecteur de musique, son bien le plus précieux, vient confirmer au narrateur qu’il n’a plus rien à attendre, à 30 ans, de ses semblables. La désillusion est totale et la mort est son seul espoir.
Cette nouvelle crépusculaire est néanmoins traversée de belles figures de style qui aident à supporter cette chronique quotidienne de la résignation, comme celle-ci : « L’effet de surprise est bien mort et nos pensées suivent un réseau de rails imaginaires dont nous connaissons tous les panneaux indicateurs. » Le récit, somme toute assez convenu, vaut surtout pour ces fulgurances chargées de lucidité et d’humanité qui illuminent l’écriture de Jean Dion. [CJ]