À propos de cette édition

Éditeur
Le Sabord
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Le Sabord 55
Pagination
10-12
Lieu
Trois-Rivières
Année de parution
2000
Support
Fac-similé

Résumé/Sommaire

Un compositeur trouve, dans une boîte aux lettres dénichée chez un brocanteur, un appel au secours provenant d’un homme qui explique comment il a jadis capturé la voix d’une cantatrice pour la garder prisonnière dans une pièce secrète de sa demeure. Mal lui en prit puisque la densité lyrique de la voix finit par occuper toute la place, l’obligeant à rapetisser au point d’en mourir. Le protagoniste se rend à l’endroit désigné et réussit à s’en tirer en notant la mélodie émise par la voix envoûtante. Il venait ainsi de composer sa plus belle musique.

Commentaires

L’ouverture est magnifique, un peu à la Maupassant, et met en appétit. Excellente idée de débuter dans un registre quasi réaliste en décrivant les lieux avec force détails anthropomorphiques, pour nous asséner ensuite que tel n’est pas là le propos, et de poursuivre avec le contenu d’une missive qui dessert l’effet rétroactif. Malgré ces très grandes qualités de départ, l’ensemble me laisse pourtant avec le sentiment de me trouver en présence d’un exercice bien léché à la chute un peu facile. En effet, le retour à une taille normale ainsi que l’apparition d’une porte de sortie sur la cloison dès la mélodie prise en note m’ont paru quelque peu simplistes et sont venus atténuer le charme anticipé. Cependant, il n’est pas certain que tout lecteur pensera ainsi puisque de nombreux textes fantastiques, et des meilleurs, n’innovent pas toujours en matière de procédés.

En conséquence, un plaisir suffisant subsiste et nous n’allons pas le bouder. La capture d’une voix absolue est une optique alléchante, la plume est évocatrice à souhait, et l’effet fantastique, quoique empreint d’intellectualité dès après l’incipit, est au rendez-vous. Le mot qui convient est : prometteur. En soignant autant la fin que le début, nul doute que Pierre Chatillon parviendra la prochaine fois à nous captiver. [MN]

  • Source : L'ASFFQ 2000, Alire, p. 40.