À propos de cette édition

Éditeur
Triptyque
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Moebius 30
Pagination
101-105
Lieu
Montréal
Année de parution
1986
Support
Papier

Résumé/Sommaire

N’ayant plus aucun souvenir si ce n’est celui d’un numéro, deux hommes et une femme attendent le long d’une voie de chemin de fer dans un terrain vague. Un train arrive, ils montent, le voyage commence mais ils n’ont pas le bon numéro, leur disent des petits singes en uniforme. Ils doivent débarquer. Ils commencent à faire l’amour pendant que les trains passent quand enfin l’un d’entre eux s’arrête, porteur du bon numéro écrit en lettres de feu sous les mots toujours jamais. Ils montent, des démons les accueillent, le train plonge vers le centre de la Terre pendant que la femme continue à faire l’amour avec son mari et son amant.

Commentaires

Une atmosphère d’une très grande intensité se dégage de l’écriture de Daniel Gagnon et dès les premières phrases, le lecteur est happé par la couleur sombre de ce conte fantastique extrêmement percutant – comme d’ailleurs la plupart des nouvelles de Daniel Gagnon, qu’on prenne en preuve son recueil Le Péril amoureux !

Sans fioriture inutile, l’auteur tisse sa trame et fait surgir intrigue et mystère. L’angoisse de la narratrice amnésique sur sa condition précaire et la tension retenue – mais non maîtrisée, heureusement – qu’imprime Daniel Gagnon à son propos amènent le lecteur directement vers un sentiment de passion déchaînée et incontrôlable qui renforce indiscutablement le récit, déjà à lui seul assez original. Car il s’agit ni plus ni moins du sempiternel voyage aux enfers, cher à une époque, revisité et réactualisé.

Daniel Gagnon n’écrit pas beaucoup de fantastique. À la lecture de cette nouvelle au titre rébarbatif, on se surprend à espérer qu’il se laissera séduire par le genre pour la plus grande joie des amateurs. [JPw]

  • Source : L'ASFFQ 1986, Le Passeur, p. 70.