À propos de cette édition

Éditeur
Librairie Beauchemin
Titre et numéro de la collection
Dollard - 333
Genre
Hybride
Longueur
Recueil
Format
Livre
Pagination
124
Lieu
Montréal
Année de parution
1926

Résumé/Sommaire

[4 FY ; 3 HG]
Les Trois chiens
Le Bâton enchanté
Jean-le-Bossu
La Discipline
Les Trois montagnes d'or
L'Émigré
Les Transplantés

Commentaires

Cet opuscule se conforme au programme qu’énonce son titre. Quatre des sept récits s’inscrivent dans la longue lignée des contes merveilleux tels que le catalogue international ATU les consigne des numéros 300 à 749. On pourrait croire que les trois autres récits y figurent pour en étoffer le contenu, mais il n’en est rien. Ils offrent un tableau vivant de l’idéologie de l’époque de la parution du livre, soit 1926, époque préindustrielle dominée par des valeurs associées au monde rural et à l’agriculture en particulier.
Si « La Discipline » propose une brève leçon de sagesse, à savoir que ne devient pas saint qui veut, « L’Émigré » et « Les Transplantés » ont fait l’objet de plus d’attention de la part de l’autrice. Le premier des deux récits traite de l’intégration réussie d’un jeune Irlandais, facilitée d’ailleurs par son appartenance à une culture compatible, le second se penche sur les heurs et les contrariétés du retour à la terre de la part de citadins désireux de renouer avec le mode de vie de leurs ancêtres qu’ils se représentent sur le mode idyllique. Hormis « La Discipline », ces deux hors-d’œuvre terminent le livre donnant à penser que nous nous trouvons devant une œuvre hybride.
Quant aux quatre contes, ils méritent bel et bien leur appellation de merveilleux. Ils sont tirés directement de la tradition orale et il y a tout lieu de croire que les frères Grimm y furent pour quelque chose dans leur passage de l’oral à l’écrit et de leur reformulation à celle de madame Bastien. Derrière les titres où l’on remarque la griffe de l’autrice se cachent « La Bête à sept têtes » (« Les Trois chiens »),« La Fille du diable » (« Les Trois montagnes d’or »), « Les Aides surnaturels » (« Jean-le-Bossu ») et « Petite-table-sois-soumise… » (« Le Bâton enchanté »). Le style de madame Bastien est fluide et agréable à lire, et se moule bien à ce genre particulier qui fuit les analyses et les longs développements pour se concentrer sur la succession des épisodes. Aussi nous retrouvons-nous devant une œuvre soumise à une double destinée. Si « L’Émigré » et « Les Transplantés » ne s’apprécient bien qu’en les situant dans leur époque, les contes de madame Bastien naviguent sans heurts sur la pérennité des contes issus de la tradition orale. [BB]