À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Dans les années 1990 d’un Québec – devenu pour nous – parallèle, Gil Behrer est commissaire principal à la Régie démographique, dont dépend le Bureau d’eugénique. Il faut maintenant des permis de naissance, avec preuve d’une génétique sans tares ; Behrer est toujours sévère dans ses décisions ; il estime que la surpopulation est le problème mondial numéro 1, avec toutes ses conséquences fatales : épuisement des ressources, destruction de l’environnement, guerres, famines, épidémies. Il y a également eu des accidents nucléaires qui ont ajouté aux problèmes génétiques – et la femme qu’il aimait, ardemment anti-nucléaire, est morte lors d’une émeute, en direct à la télévision. Il est de plus en plus désabusé : les nouvelles lois eugénistes ne sont pas une solution, pas plus que les centres d’euthanasie où se rendent les malades terminaux de plus en plus nombreux. D’ailleurs toute la société, partout, se ressent des conditions de vie de plus en plus précaires et du lourd sentiment de désastre imminent qui pèse sur la civilisation humaine : on se drogue à mort à l’Élixir, des bandes de délinquants, les Déments, frappent aveuglément partout, des Suicidaires nihilistes se jettent en grappes du haut des immeubles…
Il a une longue conversation sur le sujet avec une collègue, où il évoque la seule solution valide à ses yeux, une solution finale : éliminer les six milliards de lemmings humains en train de se suicider en ravageant la planète, une sorte d’euthanasie à grande échelle, techniquement tout à fait réalisable, opération qu’on appellerait par exemple « Atropos », du nom de la Parque grecque qui coupait le fil de l’existence. Ne resteraient que « les assassins de l’humanité » interroge sa collègue acerbe ; non, mais une communauté d’hommes et de femmes qui aideraient la planète à se régénérer. Malgré les protestations de ses collègues, Behrer ne se considère pas comme fataliste ni pessimiste : il est lucide, tout simplement. Et directement concerné : son fils adoptif, Thomas, séduit par les théories nihilistes, se drogue depuis un bon moment – et l’Élixir est une drogue toujours fatale à la longue. Or il rencontre Thomas sur les lieux d’un suicide collectif, et l’adolescent lui dit n’avoir simplement pas eu le temps d’accompagner les autres avant l’arrivée de la police. Gil est horrifié et désespéré. Le cœur déchiré, mais résolu, il procure à l’adolescent la dose finale que celui-ci réclame, puis va rencontrer d’autres membres de l’organisation secrète dont il fait partie. Sa décision est prise, il votera pour : l’Opération Atropos aura lieu.
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Voir le recueil Le Vieil Homme et l'espace.
