À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Le narrateur, qui restera anonyme, se promène le matin sur une place déserte d’une grande ville également anonyme, en se demandant comment ce pouvait être au temps où il y avait des milliards de gens sur la planète. Le long d’un immeuble, quelqu’un descend en rappel depuis l’avant-dernier étage (on s’écrasera au pied de l’immeuble vers la fin de la nouvelle). Dans la séquence suivante, JE se mêle à la foule relative des spectateurs et acteurs du Carnaval, où il cherche il ne sait qui, farandolant main dans la main avec d’un côté une petite blondinette triste et très jeune et de l’autre, une femme que la drogue qu’il a ingérée lui fait percevoir comme une marionnette. Il remonte maintenant seul et à contre-courant une parade de grotesques, énormes bibendums, faux LEM et astronautes, gigantesque colombe, un Christ entouré de Hare Krishna, un dragon lançant peut-être de vraies flammes qui incinèrent peut-être la femme de tout à l’heure, mais qu’est-ce qui est réel, dans le défilé du Carnaval ?
Dans l’après-midi, le narrateur retrouve brièvement deux amis, Chris et Marèse, assis en silence au soleil, muets, avec entre eux une bougie allumée ; agacé par le symbole, il les quitte bientôt. Dans la séquence suivante, c’est la nuit ; à l’écart du Carnaval dans une rue bordée de bars et de cafés, il retrouve d’autres connaissances, déjà droguées jusqu’aux yeux, mais se contente de plusieurs verres de gnôle. Le Carnaval continue de se dérouler au loin, stroboscopique, et le narrateur essaie d’imaginer les grands carnavals du temps où la planète était encore peuplée, avant le Grand Ménage : la population était mille fois plus nombreuse. Mais ledit Grand Ménage n’a pas réussi parfaitement : il reste des Terriens.
Le narrateur revoit la très jeune fille blonde du matin, mais, ayant ingéré un « croque », il est trop high pour donner suite. Une autre séquence, un autre jour, un autre ami, qui est artiste et fabrique des sculptures multicolores de verre et de métal ; le narrateur repart ; dans un parc, une fillette lance des billes dans l’eau d’un lac artificiel – ce sont des pierres précieuses. Puis, séquence de bouges : fumée, noirceur et sexe tous azimuts, mais le narrateur ne trouve toujours pas ce qu’il cherche ; il aperçoit cependant un Éryméen qui a la tête de l’emploi, un air subtilement tragique – ce sont les responsables du Grand Ménage. Puis il s’en va « au bois » : des mains furtives, au bar, lui ont donné des envies. Il est cependant rattrapé par l’Éryméen, qui s’avère être un Psychéen, humain pourvu de pouvoirs psychiques et d’une prise métallique temporale, lequel lui pose des questions existentielles : « Vous êtes heureux ? Vous ne ressentez pas… un manque ? un malaise ? ». Le narrateur répond avec une désinvolture en partie fausse et s’éloigne.
Moment de calme ; des aéros cabriolent dans les airs, puis explosent en plein vol, suicide collectif, la routine. En chemin vers le bois des rencontres furtives, le narrateur a traversé le Carnaval et ses feux d’artifice, il a retrouvé la jeune blondinette énigmatique, ils ont fait l’amour dans le boisé, brève rencontre, mais pas vraiment ce qu’il cherche sans jamais le trouver. Une autre soirée : spectacle aérien offert par des vaisseaux spatiaux, aurore boréale. Et maintenant, tandis que la nuit tombe, on se dirige vers le Boulevard des Étoiles. La toux récurrente qui afflige le narrateur lui fait vomir son souper, mais il se remplira de gnôle et tout ira bien ; des tigres aux terribles yeux verts, tenus en laisse, traversent la voie ; on danse. Et le narrateur va continuer sa quête sans fin, tandis que le Carnaval, toujours, bat son plein sur le Boulevard des Étoiles.
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Voir le recueil Le Vieil Homme et l'espace.
